Des milliers de pèlerins s’apprêtent à visiter la mosquée de Médine

La mosquée Al-Qiblatain à Médine. (SPA)
La mosquée Al-Qiblatain à Médine. (SPA)
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Des milliers de pèlerins s’apprêtent à visiter la mosquée de Médine

La mosquée Al-Qiblatain à Médine. (SPA)
  • Le terme Al - Qiblatain signifie «deux directions» et la mosquée a été construite deux ans après l’arrivée du prophète Mohammed à Médine
  • Les briques de boue, les frondes et les troncs de palmier ont été initialement utilisés pour construire la mosquée

DJEDDAH: Des milliers de pèlerins arrivant pour le Hajj cette année rempliront de nouveau la mosquée Al-Qiblatain à Médine, où le prophète Mohammed a été exhorté par injonction coranique à changer la direction des prières de la mosquée Al-Aqsa en Palestine à la Grande Mosquée de La Mecque.

Le terme Al-Qiblatain signifie «deux directions» et la mosquée a été construite deux ans après l’arrivée du prophète Mohammed à Médine, une ville connue pour son histoire si riche pour l’islam. C’est une étape habituelle pour des millions de pèlerins de l’Omra et du Hajj chaque année.

C’est à Médine que le Tout-Puissant a révélé un verset coranique à son messager: «Nous t’avons vu tourner le visage vers le ciel. Tu pourras certainement l’orienter vers une direction qui te plaît. Désormais, tu tourneras ton visage vers la Mosquée sacrée.»

Les briques de boue, les frondes et les troncs de palmier ont été les matériaux initiaux utilisés pour construire la mosquée.

Elle a été rénovée et agrandie plusieurs fois au fil des siècles, la première fois sous le calife Omar ben Abdelaziz en 706. La taille de la mosquée est restée inchangée pendant près de huit cents ans. Elle a ensuite été rénovée par Shahin al-Jamali en 1488.

Au début des années 1930, le roi Abdelaziz a également ordonné d’autres rénovations, notamment la construction d’un minaret et d’un mur de clôture, ainsi que l’élargissement de la mosquée à 425 mètres carrés.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: un ex-footballeur arrêté pour avoir soutenu les manifestations

Des manifestants brandissent des banderoles avec le portrait de l'Iranienne Mahsa Amini alors qu'ils participent à un rassemblement devant le consulat iranien à Istanbul le 29 septembre 2022. (AFP)
Des manifestants brandissent des banderoles avec le portrait de l'Iranienne Mahsa Amini alors qu'ils participent à un rassemblement devant le consulat iranien à Istanbul le 29 septembre 2022. (AFP)
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  • L'ancien joueur du Persepolis FC, Hossein Maahini, a été arrêté pour avoir soutenu et encouragé des émeutes sur les réseaux sociaux
  • Jeudi, le gouverneur de la province de Téhéran, Mohsen Mansouri, a mis en garde les célébrités apportant leur soutien aux manifestations

TEHERAN: Un ancien footballeur iranien a été arrêté vendredi pour avoir soutenu les manifestations dans le pays contre la mort de la jeune femme kurde Mahsa Amini arrêtée par la police des moeurs, a rapporté l'agence officielle Irna.

"L'ancien joueur du Persepolis FC, Hossein Maahini, a été arrêté sur ordre des autorités judiciaires pour avoir soutenu et encouragé des émeutes sur les réseaux sociaux", a précisé l'agence.

Le mouvement de contestation, le plus important depuis 2019, a été déclenché par le décès le 16 septembre de Mahsa Amini, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l'Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

La violence répression des manifestations a provoqué la mort de dizaines de personnes, pour l'essentiel des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité. Plus d'un millier de personnes ont depuis été arrêtées à travers le pays.

Jeudi, le gouverneur de la province de Téhéran, Mohsen Mansouri, a mis en garde les célébrités apportant leur soutien aux manifestations: "nous prendrons des mesures contre les célébrités qui ont soufflé sur les braises" des "émeutes", a-t-il déclaré selon l'agence de presse Isna.

Mercredi, l'agence de presse iranienne Mehr a déclaré que l'ancien animateur de la télévision d'Etat, Mahmoud Shahriari, avait été arrêté pour avoir prétendument "encouragé les émeutes et la solidarité avec l'ennemi".

De nombreux sportifs iraniens ainsi que des acteurs et cinéastes ont apporté leur soutien au mouvement, demandant aux autorités d'écouter les revendications du peuple.

Le réalisateur iranien Asghar Farhadi, deux fois oscarisé, a ainsi exhorté dimanche les gens du monde entier à "être solidaires" avec les manifestants.

Lors d'un match amical de football contre le Sénégal à Vienne mardi, toute l'équipe iranienne est restée vêtue de noir pendant les hymnes plutôt que d'exposer le maillot national.

Il y a quelques jours, le chef de la justice iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejei, avait critiqué des célébrités: "ceux qui sont devenus célèbres grâce au soutien du système ont rejoint l'ennemi lorsque les temps étaient difficiles", avait-il dit.


Maghreb: Le pain des Tunisiens est-il devenu une arme dans la guerre?

Dans une boulangerie non subventionnée par l'État tunisien, dans la capitale Tunis, le 11 mars 2022. Anis MILI / AFP
Dans une boulangerie non subventionnée par l'État tunisien, dans la capitale Tunis, le 11 mars 2022. Anis MILI / AFP
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  • Les adversaires du président tiennent l’État pour responsable des difficultés d’approvisionnement des Tunisiens
  • Ennahdha a «appelé à mettre un terme aux pénuries des produits alimentaires et à révéler les véritables causes des pénuries au lieu d’accuser des parties inconnues de monopole»

TUNIS: Face à une pénurie persistante d’un nombre sans cesse croissant de produits de base, le président accuse ses ennemis d’en être les instigateurs. Mais la théorie du complot passe de plus en plus mal, y compris parmi ses partisans.
«En raison des pénuries à répétition, on en vient à souhaiter le retour d’Ennahdha.» C’est une femme, voilée, la cinquantaine, qui formule ce vœu en s’adressant à un commerçant du marché de Sidi el-Bahri, l’un des plus fréquentés de la capitale par la classe moyenne, pendant qu’il lui prépare sa commande de poulet, un produit qui s’est raréfié après avoir vu son prix s’envoler. «Détrompez-vous, ce sont eux, les gens d’Ennahdha, qui sont, avec des hommes d’affaires, en train d’acheter les produits de consommation courante et de les stocker pour créer la pénurie», la contredit son interlocuteur.
Cette scène, qui s’est déroulée mardi 20 septembre 2022, reflète les difficultés qu’affrontent les Tunisiens depuis quelques mois, ainsi que leur division au sujet des raisons derrière les pénuries à répétition et de l’inflation galopante.
Adepte de la théorie du complot, le président tunisien impute ces actes à ses ennemis et ne manque jamais une occasion de le clamer haut et fort. Il l’a réitéré une énième fois, le 9 septembre 2022, devant la ministre du Commerce, Fadhila Rebhi ben Hamza : «Certains produits sont stockés dans certaines régions afin d’enflammer la situation sociale pour des objectifs politiques, en plus du gain illicite.»
Kaïs Saïed a enfoncé le clou trois jours plus tard devant le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la centrale ouvrière historique, et le président de l’Union Tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica), l’organisation patronale la plus ancienne. Il a souligné «l’absence anormale de certains produits de base malgré leur disponibilité». «Ces produits sont monopolisés afin d’enflammer la situation sociale. Mais le peuple tunisien sait qui sont les gens qui payent de l’argent pour atteindre leurs objectifs», a-t-il constaté.
Les adversaires du président, eux, tiennent l’État pour responsable des difficultés d’approvisionnement des Tunisiens. Le parti politique Ennahdha, le plus concerné par les accusations de Kaïs Saïed, le prend régulièrement à contre-pied. Le 16 septembre, le bureau exécutif du parti islamiste a, dans un communiqué, pointé du doigt «la hausse exorbitante des prix, notamment ceux des fournitures scolaires». Il a en outre mis «en garde contre la gravité de la crise économique et ses répercussions sur la situation sociale, surtout avec l’aggravation du déficit budgétaire et l’échec de l’État dans la mobilisation des ressources nécessaires au budget de l’État».
les Ennahdha a par ailleurs surtout «appelé à mettre un terme aux pénuries des produits alimentaires et à révéler les véritables causes des pénuries au lieu d’accuser des parties inconnues de monopole et de spéculation, alors qu’en réalité, l’État est incapable d’acquérir les produits de base et de gérer les stocks».
Malheureusement pour lui, la théorie du complot du président est de moins en moins plausible, même dans le rang de ses partisans. Le cas de Naoufel Slama en est une parfaite illustration. Ce fervent partisan de Kaïs Saïed et de son coup de force du 25 juillet 2021, qu’il défend régulièrement dans ses contributions au journal Assabah, estime, dans un article publié le 7 septembre par le quotidien de langue arabe, que le président «exclut de son analyse à la fois les facteurs extérieurs qui influencent fortement les marchés, et les facteurs structurels, (…) dont les circuits de distribution, la cherté des matières premières, l’absence de contrôle, la non-maîtrise des prix parce que libérés et le coût élevé de la production».


Manifestations en Iran: des célébrités et des journalistes dans le collimateur

Une femme tenant des pancartes participe à une veillée aux chandelles pour Mahsa Amini, décédée en garde à vue par la police iranienne, à Los Angeles, Californie, le 29 septembre 2022. (AFP)
Une femme tenant des pancartes participe à une veillée aux chandelles pour Mahsa Amini, décédée en garde à vue par la police iranienne, à Los Angeles, Californie, le 29 septembre 2022. (AFP)
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  • La répression de ce mouvement de contestation a fait des dizaines de morts depuis mi-septembre, suscitant de nombreuses condamnations à l'étranger
  • Le président iranien Ebrahim Raïssi a prévenu que malgré «le chagrin» suscité par la mort d'Amini, «personne n'était autorisé à enfreindre la loi et à provoquer le chaos»

PARIS: L'Iran a intensifié jeudi la pression sur des célébrités et des journalistes sur fond d'une vague de manifestations déclenchées par la mort d'une jeune femme, Mahsa Amini, quelques jours après son arrestation par la police des moeurs.

La répression de ce mouvement de contestation a fait des dizaines de morts depuis mi-septembre, suscitant de nombreuses condamnations à l'étranger.

Des cinéastes, des athlètes, des musiciens et des acteurs iraniens ont exprimé leur solidarité avec les manifestants, y compris l'équipe nationale de football dont les joueurs ont porté des survêtements noirs pendant les hymnes interprétés avant un match à Vienne contre le Sénégal.

"Nous allons nous en prendre aux célébrités qui ont soufflé sur les braises" des "émeutes", a déclaré le gouverneur de la province de Téhéran, Mohsen Mansouri, cité jeudi par l'agence de presse Isna, en référence aux manifestations.

Le mouvement de contestation, le plus important depuis 2019, a été déclenché par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, trois jours après son arrestation par la police des moeurs.

Il lui était reproché d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de l'Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

Ligne rouge 

Le chef de la justice iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejei, a aussi pointé du doigt les célébrités: "Ceux qui sont devenus célèbres grâce au soutien du système, pendant les jours difficiles, ont rejoint l'ennemi au lieu d'être avec le peuple. Tous doivent savoir qu'ils doivent rembourser les dommages matériels et spirituels causés au peuple et au pays", a-t-il dit.

Pour sa part, le président iranien Ebrahim Raïssi a prévenu que malgré "le chagrin" suscité par la mort d'Amini, "personne n'était autorisé à enfreindre la loi et à provoquer le chaos".

Une journaliste qui avait couvert l'enterrement de Mahsa Amini a été interpellée jeudi, selon son avocat. Cette arrestation est intervenue après celle de la journaliste Nilufar Hamedi, du quotidien "Shargh", qui s'était rendue à l'hôpital où la jeune Kurde était dans le coma et qui avait contribué à rendre publique l'affaire.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a annoncé jeudi que trois autres journalistes: Farshid Ghorbanpour, Aria Jaffari et Mobin Balouch, avaient été arrêtés, portant le total des arrestations à 28.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations le 16 septembre, tandis que l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a fait état d'un bilan d'au moins 83 morts.

Imputant les manifestations à des forces extérieures, l'Iran a mené mercredi des frappes transfrontalières qui ont fait 13 morts dans la région du Kurdistan irakien, accusant les groupes armés d'opposition basés dans cette région d'alimenter les troubles. Un ressortissant américain a été tué dans ces frappes, selon la diplomatie américaine.

Jeudi, l'Iran a convoqué le chargé d'affaires français, dénonçant l'"ingérence" de la France dans ses affaires intérieures après la condamnation par Paris de la "répression violente" des manifestations.

«Violence impitoyable»

Des manifestations de solidarité avec les femmes iraniennes ont eu lieu dans le monde entier, et des rassemblements sont prévus dans 70 villes samedi.

En Afghanistan, les talibans ont dispersé jeudi un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Kaboul de femmes afghanes venues soutenir les manifestantes iraniennes, dont elles disent partager la lutte. Les forces talibanes ont tiré en l'air et tenté de frapper les manifestantes à coup de crosse, selon des journalistes de l'AFP.

Dans une déclaration à l'agence de presse Fars, les agents de renseignement des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont indiqué avoir arrêté 50 membres d'"un réseau organisé" à l'origine des "émeutes" dans la ville sainte chiite de Qom.

Amnesty International a critiqué les "pratiques généralisées de recours illégal à la force et la violence impitoyable des forces de sécurité" en Iran.

L'ONG a cité le recours à des balles réelles et boules de métal, des passages à tabac et violences sexuelles à l'encontre des femmes, le tout "sous couvert de perturbations continues et délibérées de l'Internet et de la téléphonie mobile".

"Des dizaines de personnes, parmi lesquelles des enfants, ont été tuées et des centaines blessées", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale de l'ONG.

Dans ce contexte, la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a indiqué sur Twitter que son pays réclamait des sanctions de l'Union européenne contre "ceux qui en Iran battent les femmes à mort et abattent les manifestants au nom de la religion".