Les banques alimentaires, ultimes recours face aux records d'inflation en Allemagne

La hausse drastique des prix de l'énergie et des matières premières se répercute sur l'alimentation, au point que certains Allemands n'ont d'autre recours que les banques alimentaires (Photo, AFP).
La hausse drastique des prix de l'énergie et des matières premières se répercute sur l'alimentation, au point que certains Allemands n'ont d'autre recours que les banques alimentaires (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 juin 2022

Les banques alimentaires, ultimes recours face aux records d'inflation en Allemagne

  • Alors que le pouvoir d'achat des Européens est rogné par des records d'inflation, à la banque alimentaire de Bernau, près de Berlin, on peut remplir son caddie pour une trentaine d'euros
  • Aggravée par la guerre en Ukraine, l'inflation a atteint 7,9% sur un an en mai en Allemagne, son plus haut niveau depuis la réunification du pays en 1990

BERNAU BEI BERLIN: Au bout d'une allée qui les dissimule aux curieux, une dizaine de personnes patientent devant des étals de carottes à 50 centimes d'euros la botte, de yaourts juste au-delà de la date de péremption et de fleurs à peine flétries.

Alors que le pouvoir d'achat des Européens est rogné par des records d'inflation, à la banque alimentaire de Bernau, près de Berlin, on peut remplir son caddie pour une trentaine d'euros.

"Je ne peux même plus acheter de saucisse au supermarché !", s'emporte Gabriele Washah, en attendant que son numéro soit appelé.

Cette retraitée de 65 ans, ancienne vendeuse, se rend chaque semaine, depuis plusieurs années, à l'épicerie solidaire, qui vend à prix modique des invendus donnés par des supermarchés et prépare des repas à emporter.

"Parfois en rentrant chez moi après être allée au supermarché, je me mets presque à chialer, parce que je ne peux plus rien acheter", poursuit-elle. "Et maintenant je lis que les prix continuent de monter !"

Aggravée par la guerre en Ukraine, l'inflation a atteint 7,9% sur un an en mai en Allemagne, son plus haut niveau depuis la réunification du pays en 1990, et même depuis l'année 1952, en Allemagne de l'Ouest.

Tout augmente

La hausse drastique des prix de l'énergie et des matières premières se répercute sur l'alimentation, au point que certains Allemands n'ont d'autre recours que les banques alimentaires.

"A l'échelle nationale, la demande a nettement augmenté depuis le début de l'année", explique à l'AFP Johanna Matuzak, chargée de communication du réseau allemand de ces organisations connues sous le nom de "Tafel".

La situation est très différente selon les villes mais "dans certaines banques alimentaires, la demande a doublé", ajoute-t-elle, citant notamment les établissements de Berlin.

L'Allemagne compte près d'un millier de ces structures associatives, accessibles sous conditions de revenus.

"Ce n'est pas un seul produit", commente Peter Behme, retraité de 69 ans. "L'ensemble des prix augmente. Je ne sais pas où atterrit l'aide de l'Etat", poursuit-il, peu convaincu par les mesures prises pour soulager les ménages. L'Allemagne a notamment baissé les taxes sur l'essence, réduit pour trois mois les prix des transports en commun, et a promis un versement exceptionnel de 300 euros aux salariés imposables – dont sont exclus les retraités.

Les banques alimentaires elles-mêmes sont frappées par l'inflation. "Il nous arrive d'augmenter les prix de 20 ou 50 centimes parce que nous avons besoin d'argent pour faire le plein", explique Malina Jankow, gérante de la banque alimentaire de Bernau.

Pas de loi anti-gaspi 

En parallèle, les réfugiés ukrainiens se joignent aux retraités et aux personnes sans emploi qui composent l'essentiel de la clientèle.

Anna Dec, employée dans une clinique de 35 ans, a accompagné à Bernau deux Ukrainiennes qu'elle héberge depuis qu'elles ont fui Kiev. Même si elle ne leur demande de payer que leur part des charges, le supermarché reste au-dessus de leurs moyens.

"Avec environ 400 euros de la part de l'Etat, elles doivent payer l'eau, l'énergie, la nourriture, les produits d'hygiène... C'est presque rien", constate-t-elle. Les réfugiés ukrainiens reçoivent depuis juin 449 euros par mois de minima sociaux.

Devant l'afflux, certaines banques alimentaires en Allemagne n'acceptent plus de nouveaux clients ou rationnent les denrées qu'elles distribuent.

Le directeur du Tafel de Bernau Norbert Weich espère ne pas en arriver là et appelle plutôt à augmenter les ressources des banques alimentaires.

"Nous réclamons depuis longtemps au gouvernement une loi pour forcer les supermarchés à donner leurs invendus, comme en France", martèle-t-il.

En Allemagne, 16% de la population soit plus de 13 millions de personnes vivaient en 2020 sous le seuil de pauvreté – moins de 60% du revenu médian –, d'après une étude de l'organisation caritative Deutscher Paritätische Gesamtverband.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.