Internet: une ONG dépose plus de 400 plaintes liées aux «cookies»

Des statistiques publiées en mai montrent que seulement 3% des internautes sont réellement prêts à accepter les cookies, mais que plus de 90% sont poussés à dire oui faute de pouvoir aisément les rejeter. (Photo, AFP)
Des statistiques publiées en mai montrent que seulement 3% des internautes sont réellement prêts à accepter les cookies, mais que plus de 90% sont poussés à dire oui faute de pouvoir aisément les rejeter. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 11 août 2021

Internet: une ONG dépose plus de 400 plaintes liées aux «cookies»

  • Fin mai, Noyb avait mis en demeure 516 compagnies, leur laissant un mois pour se mettre en conformité
  • Des «améliorations» ont depuis été constatées, souligne l'ONG dans un communiqué

VIENNE: L'ONG de protection de la vie privée en ligne Noyb a annoncé mardi le dépôt de plus de 400 plaintes contre des sites internet en Europe, déplorant des "infractions" aux règles sur les cookies, ces très contestés traceurs informatiques.

Fin mai, cette organisation autrichienne avait mis en demeure 516 compagnies, leur laissant un mois pour se mettre en conformité. 

"Selon la loi, l'option 'oui/non' aux cookies doit clairement être proposée aux utilisateurs", expliquait alors Noyb (pour "None of your business": "ce ne sont pas vos affaires"). "Or il est souvent "extrêmement compliqué de cliquer sur autre chose que le bouton 'accepter'".

Des "améliorations" ont depuis été constatées, souligne l'ONG dans un communiqué, notant que près de la moitié des irrégularités constatées avaient été corrigées. 

De nombreux sites ont ainsi ajouté un bouton "rejeter" ou ont cessé d'utiliser des couleurs différentes, une astuce qui incitait l'internaute à cliquer sur le bouton "accepter".

"De grands noms comme Seat, Mastercard ou Nikon ont instantanément changé leurs pratiques", se félicite Max Schrems, responsable de Noyb connu pour avoir remporté une série de victoires juridiques sur la protection des données personnelles.

Toutefois, la situation est encore loin d'être idéale, selon l'ONG qui a donc décidé de porter en justice 422 affaires, au niveau des autorités nationales compétentes quand c'était possible et autrichiennes pour le reste. 

"Principal obstacle", la plupart des sites rechignent à donner aux internautes la possibilité de revenir facilement sur leur choix.

Les militants pointent également les géants du numérique comme Google ou Facebook, qui refusent d'obtempérer alors que les "cookies" leur permettent de personnaliser les publicités en fonction des goûts et habitudes des consommateurs. Contre ces plateformes de plus grande importance, 36 procédures supplémentaires ont été lancées.

Noyb veut passer au peigne fin "jusqu'à 10 000 sites" au cours des prochains mois, dans l'espoir de mettre fin à cette "terreur" des bandeaux à cookies, qui va à l'encontre du règlement européen sur les données personnelles (RGPD), entré en vigueur en 2018.

Des statistiques publiées en mai montrent que seulement 3% des internautes sont réellement prêts à accepter les cookies, mais que plus de 90% sont poussés à dire oui faute de pouvoir aisément les rejeter.

En France, la Cnil, gendarme des données personnelles, a lancé une offensive similaire pour forcer les sites internet à se mettre en conformité avec la législation. Mi-juillet, elle a ainsi annoncé une nouvelle série de mise en demeure visant "une quarantaine" d'acteurs récalcitrants. 


Plus de 20 000 traversées illégales de la Manche vers l'Angleterre cette année

Sur l'ensemble de 2021, 28 500 personnes sont ainsi arrivées au Royaume-Uni, marquant un nouveau record depuis l'envolée de ces traversées en 2018 (Photo, AFP).
Sur l'ensemble de 2021, 28 500 personnes sont ainsi arrivées au Royaume-Uni, marquant un nouveau record depuis l'envolée de ces traversées en 2018 (Photo, AFP).
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  • Selon le ministère de la Défense, 607 personnes ont effectué samedi sur de petites embarcations la dangereuse traversée de ce passage au trafic maritime très élevé, l'un des chiffres les plus élevés cette année
  • Selon le décompte de l'agence PA,  le total depuis le début de l'année est désormais de 20 017 contre seulement contre 11 300 à la même date l'an dernier

LONDRES: Le nombre de migrants traversant illégalement la Manche vers l'Angleterre depuis le début de l'année a dépassé 20 000, s'orientant vers un nouveau record malgré les plans successifs du gouvernement britannique pour tenter d'y mettre fin, selon des chiffres publiés dimanche.

Selon le ministère de la Défense, 607 personnes ont effectué samedi sur de petites embarcations la dangereuse traversée de ce passage au trafic maritime très élevé, l'un des chiffres les plus élevés cette année.

Selon le décompte de l'agence PA,  le total depuis le début de l'année est désormais de 20 017 contre seulement contre 11 300 à la même date l'an dernier.

Sur l'ensemble de 2021, 28 500 personnes sont ainsi arrivées au Royaume-Uni, marquant un nouveau record depuis l'envolée de ces traversées en 2018 face au verrouillage croissant du port français de Calais et du tunnel sous la Manche.

Un récent rapport parlementaire britannique estimait que le total pourrait atteindre cette année 60 000 malgré les promesses répétées du gouvernement conservateur britannique, qui a fait du sujet une priorité depuis le Brexit, verse des millions à la France puis l'aider à renforcer la surveillance des côtes et multiplie les mesures pour durcir l'accueil des migrants.

Londres a conclu un accord très controversé avec le Rwanda pour envoyer dans ce pays d'Afrique de l'Est les demandeurs d'asile arrivés illégalement sur le sol britannique.

Bien qu'aucune de ces expulsions n'ait encore eu lieu - un premier vol prévu en juin a été annulé après une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) -, les candidats à la succession de Boris Johnson, Rishi Sunak et Liz Truss, ont tous deux promis de poursuivre cette politique.

Autre revers dans la politique migratoire britannique, le gouvernement vient de renoncer à son projet de convertir une ancienne base de l'armée de l'air du nord de l'Angleterre en centre pour demandeurs d'asile, comme cela se fait en Grèce.


Kenya: duel serré pour la présidence, les appels à l'unité se multiplient

Des piétons marchent dans une rue à côté d'un panneau d'affichage du vice-président du Kenya, William Ruto, candidat à la présidence de l'Alliance démocratique unie (UDA) et de la coalition politique Kenya Kwanza, à Eldoret, le 13 août 2022. (AFP).
Des piétons marchent dans une rue à côté d'un panneau d'affichage du vice-président du Kenya, William Ruto, candidat à la présidence de l'Alliance démocratique unie (UDA) et de la coalition politique Kenya Kwanza, à Eldoret, le 13 août 2022. (AFP).
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  • Le vice-président sortant William Ruto comptabilisait dimanche 51,25% des voix, contre 48,09% pour Raila Odinga, figure historique de l'opposition aujourd'hui soutenu par le président sortant
  • Devant ce duel présidentiel qui pourrait être le plus serré de l'histoire du Kenya, la population retient son souffle

NAIROBI : Les deux favoris de la présidentielle du 9 août au Kenya se tiennent dans un mouchoir de poche, selon des résultats officiels partiels diffusés dimanche dans ce pays plongé dans l'expectative, où les appels au calme et à l'unité se multiplient.

Selon le décompte officiel de la commission électorale (IEBC) portant sur près de la moitié des bureaux de vote, le vice-président sortant William Ruto comptabilisait dimanche 51,25% des voix, contre 48,09% pour Raila Odinga, figure historique de l'opposition aujourd'hui soutenu par le président sortant.

Devant ce duel présidentiel qui pourrait être le plus serré de l'histoire du Kenya, la population retient son souffle.

Des appels ont été lancés au maintien du calme ayant prévalu durant le scrutin et l'ambiance à travers le pays restait apaisée, loin des tensions et violences post-électorales passées, parfois sanglantes.

Dimanche, les deux principaux candidats ont affiché une image de sérénité. En chemise blanche et veste légère, William Ruto est apparu décontracté, chantant main dans la poche lors d'une messe à Nairobi.

Raila Odinga, en tunique bleue, sa couleur de campagne, a prié dans une autre église de la capitale.

Vraiment impressionnés

Ailleurs dans le pays, les offices dominicaux, très fréquentés dans ce pays religieux, ont été l'occasion d'appels à la responsabilité.

L'évêque Washington Ogonyo Ngede, ami de longue date de la famille Odinga, a exhorté de Kisumu - fief d'Odinga situé dans l'ouest du pays - à dépasser les clivages.

À l'annonce des résultats, "ne créez pas de problèmes ou de chaos, mais priez pour le nouveau président que Dieu nous a donné (...). Les dirigeants vont et viennent mais le Kenya vit pour toujours", a-t-il lancé, acclamé par les quelque 300 fidèles présents.

Dans le diocèse d'Eldoret, bastion de Ruto dans la vallée du Rift, l'évêque Dominic Kimengich a également indiqué prier pour la paix. "Les gens ont exprimé leur préférence. Les hommes politiques doivent accepter la volonté du peuple", a-t-il estimé avant une messe dans la paroisse de Yamumbi.

En écho au secrétaire d'État américain Antony Blinken samedi sur Twitter, une quinzaine d'ONG et de syndicats, dont Amnesty Inernational, ont appelé dimanche "à la patience".

"Nous applaudissons les Kényans pour leur conduite pacifique pendant les élections et appelons au calme pendant que les résultats sont vérifiés", ont-ils déclaré dans un communiqué, se disant "vraiment impressionnés par les nombreux candidats qui ont gracieusement concédé leur défaite et plaidé pour travailler avec les vainqueurs".

Record de femmes élues

Quelque 22,1 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes mardi pour désigner le successeur du président Uhuru Kenyatta, ainsi que leurs gouverneurs, parlementaires et élus locaux.

Les résultats des scrutins locaux tombent également au compte-gouttes. Ils ne laissent pas présager quel camp ravira la majorité parlementaire, mais ils dessinent d'ores et déjà une percée historique des femmes.

Pour la présidentielle, le suspense est maximal. Si aucun de ces deux candidats ne recueille plus de 50% des voix, ainsi que 25% des voix dans la moitié des 47 comtés, le Kenya connaîtra pour la première fois un second tour.

L'IEBC est donc sous pression. Non seulement parce que la locomotive économique de l'Afrique de l'Est tourne au ralenti dans l'attente des résultats, mais aussi parce que cette commission a été vivement critiquée il y a cinq ans après une présidentielle invalidée par la Cour suprême, puis reprogrammée.

Vendredi, l'IEBC a reconnu que les opérations de collecte, comptage et vérification des résultats étaient plus longues que prévu, ralenties, selon elle, par l'interférence de partisans des partis politiques.

Quelques heurts ont opposé dans la nuit de samedi à dimanche des militants dans la salle où l'IEBC mène la vérification des résultats.

Cette élection est scrutée de près par la communauté internationale.

Le Kenya est en effet un point d'ancrage démocratique dans la région et les résultats de toutes les présidentielles y ont été contestés depuis 2002.

Le scrutin de mardi dernier a été marqué par un taux de participation d'environ 65% (contre 78% en août 2017), sur fond d'une inflation galopante et de frustration à l'égard de l'élite politique.


Suisse: la situation énergétique est «grave», affirme une ministre

"Pourquoi avons-nous un problème aujourd'hui? Parce que la Russie a fermé le robinet de gaz et que la Suisse est entièrement dépendante de l'étranger pour ce type d'énergie", a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. (AFP).
"Pourquoi avons-nous un problème aujourd'hui? Parce que la Russie a fermé le robinet de gaz et que la Suisse est entièrement dépendante de l'étranger pour ce type d'énergie", a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. (AFP).
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  • «La situation est grave. Le Conseil fédéral (gouvernement NDLR) en est conscient - et pas seulement depuis la guerre en Ukraine», a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga
  • La Suisse ne s'est pas encore fixée d'objectifs en terme d'économies d'énergie, contrairement à l'UE qui entend réduire de 15% sa consommation de gaz pour surmonter la chute des livraisons russes

GENEVE : La situation énergétique est "grave" pour la Suisse, qui négocie avec l'Allemagne et l'Italie pour garantir son approvisionnement en gaz l'hiver prochain, face à la chute des livraisons russes, a affirmé dimanche la ministre suisse de l'Energie.

"Pourquoi avons-nous un problème aujourd'hui? Parce que la Russie a fermé le robinet de gaz et que la Suisse est entièrement dépendante de l'étranger pour ce type d'énergie", a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, dans un entretien avec le journal Blick.

"La situation est grave. Le Conseil fédéral (gouvernement NDLR) en est conscient - et pas seulement depuis la guerre en Ukraine", a-t-elle ajouté.

La Suisse ne s'est pas encore fixée d'objectifs en terme d'économies d'énergie, contrairement à l'UE qui entend réduire de 15% sa consommation de gaz pour surmonter la chute des livraisons russes, du fait des tensions liées à la guerre en Ukraine.

Mme Sommaruga juge que cela "serait certainement judicieux" que la Suisse se fixe de tels objectifs, et indique qu'une campagne sera lancée dans les prochaines semaines pour inciter à réduire la consommation d'énergie.

L'approvisionnement énergétique de la Suisse dépend pour près de 80% des importations de combustibles et de carburants fossiles ainsi que de combustibles nucléaires, selon l'Office fédéral de l'Energie. Même l'approvisionnement en électricité ne peut se passer des importations, du moins pendant les mois d'hiver.

La Suisse, qui ne dispose pas d'importantes capacités de stockage, compte sur les pays voisins pour avoir du gaz l'hiver prochain. Elle est en train de négocier des accords dits de "solidarité" avec l'Allemagne et l'Italie qui ont durci leur loi sur l'exportation du gaz.

"Les négociations sont en cours. Mais un tel accord n'interviendrait que si l'on se trouvait déjà en situation de pénurie. Le plus important pour le Conseil fédéral est toutefois d'éviter autant que possible une telle situation. C'est pourquoi la branche est incitée à se procurer du gaz supplémentaire", a indiqué Mme Sommaruga.

Selon le journal dominical SonntagsZeitung, comme le gazoduc reliant l'Allemagne à l'Italie traverse la Suisse, cette dernière aurait menacé de détourner pour elle-même une partie du gaz destiné à l'Italie, ce qui est permis par une clause du contrat en cas de crise.

Une menace qui provoque des tensions avec Rome, explique le journal, citant des sources bien informées. "Dans cette situation, chaque pays envisage des scénarios les plus divers, y compris des scénarios extrêmes", a déclaré dans le journal une porte-parole de la ministre de l'Energie.